L'ACRE, c'est le coup de pouce de la première année : une partie de vos cotisations sociales de gérant s'efface. En 2026, la règle a changé, et pas dans le bon sens. Voici ce à quoi vous avez droit, et comment ne pas le laisser filer.
Ce qu'est l'ACRE, en une phrase
L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise vous exonère d'une partie de vos cotisations sociales pendant 12 mois à compter de la création. Elle ne se traduit pas par un versement : elle allège vos appels de cotisations, ce qui revient au même pour votre trésorerie de démarrage.
La réforme de 2026 : l'exonération divisée par quatre
Jusqu'au 31 décembre 2025, un gérant dont les revenus restaient sous 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale était totalement exonéré des cotisations concernées. Depuis le 1er janvier 2026, l'exonération est tombée à 25 %.
Deux précisions qui comptent :
- Les entreprises créées avant cette date conservent l'ancien régime, plus généreux, jusqu'au terme de leurs 12 mois.
- La borne de sortie a aussi été resserrée : elle est passée de 1,5 fois le plafond annuel à 1 fois ce plafond.
Autant le dire franchement : l'ACRE reste bonne à prendre, mais elle ne change plus la physionomie d'un plan de trésorerie comme avant.
Êtes-vous éligible ? Tout se joue sur le capital
C'est le point que beaucoup de gérants découvrent trop tard. En société, l'ACRE ne s'attrape pas parce qu'on dirige : elle s'attrape parce qu'on contrôle effectivement l'entreprise. Vous remplissez cette condition dans l'un de ces cas :
- Vous détenez plus de 50 % du capital, seul ou avec votre conjoint, partenaire de PACS, ascendants ou descendants, à condition d'en détenir au moins 35 % à titre personnel.
- Vous êtes dirigeant et détenez au moins un tiers du capital, seul ou en famille, dont au moins 25 % à titre personnel, et aucun autre associé ne dépasse 50 %.
- Plusieurs demandeurs détiennent ensemble plus de la moitié du capital, l'un d'eux au moins étant dirigeant.
Traduction pour les cas courants : le gérant associé unique d'EURL et le gérant majoritaire de SARL sont dans les clous. Le gérant minoritaire ou égalitaire, lui, doit vérifier sa participation de près, car il passe souvent à côté.
Deux autres conditions s'ajoutent : ne pas avoir déjà bénéficié de l'ACRE dans les 3 années précédentes, et créer une activité réellement nouvelle.
Combien ça représente, concrètement
Les seuils s'expriment en fraction du plafond annuel de la sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026 :
- Revenu jusqu'à 36 045 € (75 % du plafond) : exonération de 25 % des cotisations concernées.
- Revenu entre 36 045 € et 48 060 € : l'exonération décroît progressivement de 25 % à zéro.
- Revenu supérieur à 48 060 € : plus aucune exonération.
L'assiette n'est pas votre chiffre d'affaires mais votre revenu professionnel de gérant, c'est-à-dire la rémunération que vous vous versez, augmentée le cas échéant de la part de dividendes réintégrée dans l'assiette sociale.
Ce qui est exonéré, ce qui reste dû
L'exonération porte uniquement sur quatre postes :
- Assurance maladie et maternité
- Invalidité et décès
- Allocations familiales
- Retraite de base
Restent intégralement à votre charge : la CSG et la CRDS, la retraite complémentaire, la contribution à la formation professionnelle et la contribution aux unions régionales de professionnels de santé le cas échéant. C'est précisément pour cela qu'une exonération de 25 % sur une partie seulement des cotisations ne se traduit pas par un quart de charges en moins sur votre appel Urssaf.
La demande : 45 jours, et c'est plié
Le piège classique. Contrairement au micro-entrepreneur, le gérant de société doit faire une demande expresse : le formulaire dédié se dépose auprès de l'Urssaf dans les 45 jours suivant le dépôt du dossier de création sur le guichet unique. Passé ce délai, l'aide est perdue pour l'année entière, sans rattrapage possible.
Prévoyez le justificatif de création de l'entreprise et les pièces attestant de votre situation. L'Urssaf répond en général sous un mois ; son silence au bout de ce délai vaut accord.
Ce qu'on en pense chez Xpresso
L'ACRE de 2026 n'est plus l'aubaine qu'elle a été, mais 25 % de cotisations en moins la première année restent bons à prendre, surtout au moment où la trésorerie est la plus tendue. Le vrai risque, c'est l'oubli des 45 jours ou une répartition du capital qui vous exclut sans que vous le sachiez.
Chez Xpresso, ce point est vérifié pendant la création : la répartition du capital est calibrée avec vous, et la demande part dans les temps. Lancez votre création en ligne, un expert-comptable inscrit à l'Ordre valide chaque choix avec vous.
Questions fréquentes
Un gérant minoritaire de SARL peut-il bénéficier de l'ACRE ?
Seulement s'il remplit une des conditions de contrôle effectif, par exemple détenir au moins un tiers du capital avec sa famille, dont 25 % à titre personnel, et qu'aucun autre associé ne dépasse 50 %. Le seul fait d'être gérant ne suffit pas.
L'ACRE fonctionne-t-elle si je ne me verse aucune rémunération ?
Sans revenu, il n'y a pas de cotisations proportionnelles à exonérer : l'aide ne produit alors quasiment aucun effet, hormis sur d'éventuelles cotisations minimales. Mieux vaut alors caler sa rémunération avec son conseiller avant de démarrer.
Peut-on cumuler l'ACRE avec l'ARE de France Travail ?
Oui, le maintien des allocations chômage et l'ACRE se cumulent, tout comme l'ARCE dans les conditions prévues par France Travail. C'est un montage courant chez les créateurs, à valider au cas par cas.
J'ai créé ma société en 2025, quel taux s'applique ?
Celui de l'ancien régime, plus favorable, jusqu'à la fin de vos 12 mois d'exonération. La baisse à 25 % ne vise que les créations intervenues à partir du 1er janvier 2026.